Qui aurait pu prévoir ? Chronique d’un désastre annoncé

Le Mardi, 29. septembre 2026 -
17:00 - 18:30
Site Saint-Charles

Le monde s’est donné rendez-vous au milieu du siècle pour la neutralité carbone. Derrière cet engagement se cache un pari extraordinaire : que l’on fasse, en une ou deux générations, ce qui n’a jamais été réalisé ni même amorcé auparavant c’est-à-dire abandonner non pas une matière première marginale, mais trois ressources centrales de l’économie mondiale, le charbon, le pétrole et le gaz, dont les consommations battent actuellement leurs records historiques ; et que s’arrête, en prime, toute expansion agricole. Car, et c’est trop peu connu, la transformation anthropique de l’atmosphère commence avant l’industrialisation : entre 1800 et 1900, la concentration de CO₂ dans l’atmosphère passe de 280 à 300 ppm, presque uniquement du fait de la croissance démographique et de l’expansion agricole. Un milliard d’humains, essentiellement des paysans travaillant sans machines, étaient déjà sortis de la fameuse « neutralité carbone ».
La question historiquement intéressante n’est donc pas de savoir quand adviendra la « transition énergétique », ni ce qui l’empêche d’advenir — les firmes pétrolières, les marchands de doute-- elle est plus troublante : comment a-t-on pu sérieusement croire qu’on arrêterait le réchauffement ?

Une conférence animée par Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l'environnement, chercheur au CNRS (Centre Alexandre Koyré de l’EHESS), spécialiste de l'histoire environnementale.

Entrée libre et gratuite

Financement CVEC

Dernière mise à jour : 25/08/2026